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Une préface ne fait pas un président

Les élections présidentielles au Togo approchent à grands pas. Et comme cela est prévisible, cela se ressent à tous les niveaux de la société togolaise. Toutes les couches de la société togolaise ont les yeux rivés vers 2015, depuis l’homme de la rue jusqu’au sommet de l’Etat, quoiqu’en pense RepublicOfTogo.com . Dans ce contexte de pré-campagne électorale, un personnage a fait son apparition sur la scène politique togolaise de manière plutôt bruyante ou brouillonne  (articles de presse, concert gratuit, etc.) et particulière. Il s’agit d’Alberto Olympio, fondateur et dirigeant d’Axxend, une société de services informatiques. Si j’ai été de ceux qui à la première heure, ont raillé le scénario un peu trop romanesque et dramatique avec lequel il a fait son « coming-out », j’ai été plutôt choqué par le ton un peu trop dur voire injuste d‘un billet de l’aîné Lovejoyce AMAVI sur la préface du livre-programme d’Alberto Olympio à paraître. Je me permets, avec la permission de l’auteur de ce billet, d’exposer en quoi je n’épouse pas les idées qui y sont véhiculées.

Une image vaut mieux que mille mots.

Crédit: Lovejoyce AMAVI

Crédit: Lovejoyce AMAVI

Je m’efforcerai de ne pas commenter l’image (ci-dessus) qui sert d’en-tête au billet de Lovejoyce AMAVI. Chacun en fera son interprétation. Cependant, quand on en vient aux patronymes omniprésents sur la scène politique togolaise, il serait « discourtois » de citer « Olympio » sans citer « Gnassingbe ». On en finit d’ailleurs par croire que le destin des sept millions de togolais est tenu par les porteurs de ces patronymes, mais là n’est pas mon propos.

Je passe sous silence la propension récurrente des « Olympio » à devenir Président du Togo, laquelle propension, passe désormais pour une lutte dynastique qui ne solde pourtant pas le malaise des Togolais, dont le seul vrai souci est de sortir de la pauvreté.

On a comme l’impression – à juste titre- en lisant ce billet, que le fait pour Alberto Olympio, d’avoir fait préfacer son livre par jacques Attali est un délit. Et c’est ce qui me pousse au questionnement. En quoi cela dérange-t-il ( et qui cela dérange-t-il) que Jacques Attali préface le livre-programme d’Alberto Olympio? En quoi cela est-il différent des réunions répétitives tenues par les ténors de l’opposition togolaises dans les ministères, représentations diplomatiques et institutions européennes? En quoi cela est-il différent de la propagande médiatique soutenue des milieux proches du pouvoir pour justifier une légitimité internationale de l’actuelle président de la République? Pourquoi cet acharnement sur cette préface? Que lui repoche-t-on?

L’ancienneté (la vieillesse) ne fait pas l’homme politique

Je ne crois pas qu’Alberto Olympio sera élu président de la République Togolaise en 2015. Je suis même convaincu qu’il ne le sera pas. Et c’est bien là le problème. Il n’y a (presque) pas de place dans la conscience populaire togolaise pour un troisième choix. Et on est poussé à croire que le billet de l’aîné Lovejoyce soutient cet état de fait. C’est un peu comme si pour être présidentiable (ou président), il faudrait forcément, soit être issu de l’opposition (pré)historique, ou de la majorité précambrienne. Il n’y a pas de place pour les idées nouvelles. Il n’y a pas de place pour une troisième voix. Il faut se fondre dans l’un des deux moules. Et ceci a pendant  longtemps été une gangrène pour une l’avènement d’un souffle nouveau sur la scène politique togolaise.

Et aucune manœuvre ne saurait justifier l’élection de ce monsieur en 2015, au détriment du bilan de Faure Gnassingbé et du statut avéré de chef de file de l’opposition qui échoit (hmm) à Jean-Pierre FABRE.

Il est évident qu’Alberto Olympio, en tout homme politique qu’il est, fait un usage exagéré et abusif de l’hyperbole et du storytelling à l’américaine, pour se construire une stature. Mais on risque de passer à côté du fond et de la teneur du message du sieur si l’on se limite à le descendre sur la forme. Et je suis prêt à sacrifier les « 30 bols de maïs » (ou le mois de connexion Internet chez Togo Cellulaire) que coûtera son livre-programme pour savoir quel est son plan, sa vision, et sa stratégie pour le pays.

Je ne voterai probablement pas en 2015. Parce que jusqu’à présent, le code électoral ignore tout simplement le cas des togolais vivant à l’étranger. Mais si je devais voter, ce ne serait sûrement pas pour le « bilan » (?) de l’actuel président de la République. S’il a été élu, c’est pour qu’il ait un bilan a présenter à la fin de son mandat. Non pas pour se faire réélire ad vitam aeternam. De toute façon, cet argument du bilan est utilisé depuis Mathusalem, et continue d’être utilisé par tous les présidents voulant s’éterniser au pouvoir. Le meilleur bilan selon moi qu’un dirigeant puisse avoir, c’est de laisser un héritage, un impact, des idées qui puissent lui survivre quand il quitte le pouvoir.

Si je devais voter en 2015, ce ne serait surement pas pour le (ou les?) candidat(s) de l’opposition (pré)historique qui perd ses repères, qui à force de répéter la même chanson depuis trop longtemps, n’en sait plus où elle en est. Je serais à la recherche d’une nouvelle voie, d’une nouvelle voix. D’un message porteur d’espoir. D’une personne qui ne traîne pas de casseroles et de souvenirs dans son grenier datant des années indépendance. Une personne qui ne tirerait pas sa légitimité d’opposant de par sa durée (vieillesse) dans la « lutte ». Un nouveau souffle. De nouvelles idées. Une feuille blanche.

Ce choix alternatif serait-il Alberto Olympio? 3O bols de maïs nous le dirons. D’ici là, je vous laisse avec ce dicton qui me fait souvent méditer:

Ce sont des professionnels qui ont construit le Titanic, et des amateurs l’Arche de Noé.

KA.